Affaire Lionel Cardon – Devant la cour d’assises d’Albi (Tarn), l’assassin réformé et petit voleur Lionel Cardon a été condamné à 18 ans de prison pour deux braquages violents distincts ayant entraîné vol et séquestration. En août 2015, il n’a que 20 ans lorsqu’il commet les mêmes crimes à Toulouse.
Pour deux braquages aggravés en août 2015 à Labarthe-sur-Lèze et Seysses, Lionel Cardon a été condamné à 18 ans de prison par la cour d’appel d’Albi. Il y a deux ans, la cour d’appel de Toulouse l’avait condamné à 20 ans de prison pour les mêmes crimes ; le procureur de l’État n’en avait demandé que 12.
Le procureur avait demandé la confirmation du premier verdict de 20 ans, mais les jurys du Tarn l’ont réduit de deux ans. Dans un premier temps, il a été condamné à dix ans de prison en 1981 pour cambriolage aggravé.
Puis en mai 1983, il est accusé du meurtre de la famille de médecins Aran à Pessac (Gironde) et est condamné à la prison à vie, bien qu’il plaide non coupable. Il a tué un policier à moto de deux balles alors qu’il montait à cheval. Conclusion tirée là aussi : la perpétuité.
Une tentative d’évasion de prison à Fresnes (Val-de-Marne) en 1989, suivie d’un cambriolage de la résidence centrale Saint-Maur en 1991, porte à trois le nombre total de ces incidents (Indre).
Après avoir obtenu une libération conditionnelle en 2013, le prévenu a déclaré lors de son procès à Toulouse avoir “rencontré trop d’obstacles sur le chemin de la réinsertion” et s’être “replombé” au bout de deux ans.
Alors qu’il était basé à Toulouse, il a ouvertement exprimé son désir de devenir entraîneur de boxe sur les réseaux sociaux. Au milieu de la nuit d’août 2015, deux hommes armés ont fait irruption au domicile de Labarthe-sur-Lèze d’un créateur de bijoux endormi et de sa femme alors qu’ils regardaient la télévision.
Le mari conduit l’un des tricheurs à sa bijouterie tandis que l’autre tient la femme en otage. Après avoir quitté la bijouterie, ils ligotent leurs deux victimes et s’emparent d’environ 20 000 euros.
Trois semaines plus tard, un homme masqué se présente au domicile du directeur de la poste de Seysses, armé d’un revolver ; il s’introduit de force dans l’agence et vole le contenu du coffre-fort pour une somme de 6 315 euros.
Les deux scènes de crime ont été enregistrées par des caméras de surveillance, et les cambrioleurs ont laissé leur ADN sur des papiers à cigarettes et une canette de Coca-Cola dans la maison du bijoutier. Lionel Cardon a été arrêté le 22 octobre 2015, sur la Côte d’Azur, et il a rapidement avoué les faits devant le juge d’instruction.
L’audience d’appel a commencé jeudi et s’est poursuivie jusqu’à vendredi, période pendant laquelle il était manifestement absent de la grand-mère des trois parties civiles. En revanche, l’accusé était présent lundi et a pu être traduit en justice par le tribunal après avoir promis de s’expliquer.
Ce multirécidiviste avec trente ans de prison et un goût retrouvé pour la boxe a retrouvé le sport après deux ans de liberté. Son procès pour vol à Toulouse débute lundi.
Quand pourra-t-il faire une apparition, compte tenu de son état de santé ? Lionel Cardon, 60 ans, 1 m 77, après une grève de la faim de plusieurs mois, ne pèserait que 43 kilogrammes.
Au grand désarroi de son avocat, Me Edouard Martial, l’homme qui doit comparaître lundi dans le box des accusés à la cour d’assises de la Haute-Garonne de Toulouse « ne tient plus debout » et envisage plutôt de demander que l’affaire être renvoyé.
Affaire “Sauvé par le gong”, écrit par Mustapha Kessous sous le pseudonyme de Lionel Cardon, titrait le dernier numéro 2012 de “Le Monde” et racontait l’histoire d’un taulard semi-libre et amoral nommé Lionel Cardon qui aspirait à devenir boxeur entraîneur en Angleterre. Oui, c’est derrière moi. Sur son plateau de 2014, un journaliste rassuré du nom de Pierre-Louis Basse déclare : « Le passé est bien derrière nous ».
Lionel Cardon avait hâte de montrer son diplôme de préfet fédéral, mais il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Son nom ne disait rien au grand public. Aux familles de ses anciennes victimes et à quelques anciens flics de la PJ qui ont ainsi appris que l’ancien “ennemi public numéro un” avait été libéré.
Trois clics sur Internet suffiraient pour ceux qui ont des antécédents criminels ou pour les employeurs potentiels : Lionel Cardon et son livre Faites entrer l’accusé se trouvent sur Wikipédia en français. Aucun changement n’a été apporté au cours des trois décennies d’existence continue.
Automne/Hiver 1983. Les commissariats français sont envahis par un robot portrait. Celle d’un jeune homme blond que la PJ de Bordeaux (Gironde) soupçonne d’avoir commis un double meurtre à Pessac. Le corps du chirurgien de 37 ans François-Xavier Aran a été découvert étranglé dans la salle de bain de son domicile. Sa femme anesthésiste de 36 ans, Aline, a disparu.
Son corps a été découvert dans une haie près de Nevers (Nièvre) au jour 37 après sa disparition, avec une blessure par balle au cœur. L’identité du suspect est rapidement révélée à la Première chaîne. Lionel Cardon, 24 ans, fils de déporté, est né à Honfleur dans le Calvados en 1958.
Il a été condamné à dix ans de prison pour cambriolage par les assises des Hauts-de-Seine. . Ils disent qu’il a cinq ans maintenant. Au cours des quatre derniers mois, il a obtenu une libération conditionnelle. Et maintenant à cheval ! La polémique autour du prétendu « laxisme des juges » a atteint son paroxysme.