Asma Mhalla Date De Naissance – Le TES est une base de données massive comprenant des informations individuelles et démographiques sur la quasi-totalité de la population française. Un entrepôt de données qui donne une raison de s’inquiéter des pertes. Pour les Inrocks, nous avons Asma Mhalla, directrice de conférence à SciencesPo Paris et experte des enjeux de l’économie numérique.
Vous n’avez pas entendu parler du test des compétences essentielles, n’est-ce pas? Mais il te connaît très bien, je t’assure. Les titres électroniques sécurisés (TES) sont un fichier qui centralise les données personnelles et biométriques de la quasi-totalité des citoyens français. Elle a été secrètement créée en 2016 et validée par le Conseil d’État le 18 octobre.
Depuis mars 2017, il comprend les noms complets et les initiales, le sexe, l’adresse postale et l’e-mail. Il y a des informations sur la couleur de leurs yeux, leur taille, leur poids, leur empreinte digitale, leur date et lieu de naissance, leur signature numérique et même leur arbre généalogique.
Un fichier massif conçu en catimini sans apport public pour lutter contre le vol d’identité et rationaliser les renouvellements de passeports et de permis de conduire. Non seulement existe-t-il une énorme base de données que les forces de l’ordre et les agences de renseignement peuvent exploiter pour “les besoins de leurs missions”, mais il existe également un niveau de confidentialité inégalé autour de ces informations.
Lorsque Bernard Cazeneuve a annoncé le dossier pour la première fois en décembre 2015, son objectif affiché était de répondre aux “défis majeurs auxquels la Nation est confrontée, notamment en termes de sécurité”. Des organisations comme Quadrature du Net, Génération Libre et la Ligue des droits de l’homme ont déposé des plaintes concernant le préjudice potentiel qui pourrait découler de la diffusion de ce fichier.
Le Conseil d’Etat a censuré l’article. Il a fourni quelques assurances et a déterminé que le TES ne constituait pas une menace pour le droit à la vie privée des individus “hors de toute proportion avec les fins de sécurité de l’ordre public pour lesquelles il a été conçu”.
Asma Mahla, directrice de conférence à SciencesPo à Paris, dit que c’est un mensonge. Les applications potentielles du TES soulèvent de sérieuses inquiétudes pour les libertés individuelles, selon cet expert des questions d’économie numérique. Signes plus subtils d’un état de surveillance généralisée.
[Rediffusion] Du fait de l’avènement de « l’économie du donné », tous les principes économiques et politiques tenus auparavant ont été ébranlés dans leurs fondements. De nouvelles formes consolidées de pouvoir systémique ont émergé, centrées sur les entreprises Big Tech (en particulier les GAFAM). Ceux-ci ont le potentiel de nuire aux fonctions étatiques liées à la souveraineté, à la gestion de l’espace public et à l’exercice démocratique.
Tous les paradigmes économiques et politiques existants sont bousculés par l’avènement de « l’économie du donné ». Avec la montée de l’oligopole Big Tech, de nouvelles formes de pouvoir systémique émergent (en particulier les GAFAM).
Celles-ci commencent à porter atteinte aux fonctions étatiques liées à la souveraineté, à la gestion de l’espace public et à l’exercice de la démocratie. Les États se repositionnent autour de leurs prérogatives sécuritaires dans une forme inédite de veille technologique généralisée pour se légitimer.
Alors que les inconvénients du système s’aggravent, il est temps d’envisager une stratégie de contre-pouvoir basée sur une éthique d’État révisée. Asma Mhalla, maître de conférences à Sciences Po Paris, propose cette conférence dans le but d’apporter des réponses aussi concrètes que possible à ces questions.
Bio : Asma Mhalla est directrice de cours à SciencesPo à Paris. Asma éduque sur les préoccupations éthiques et politiques soulevées par les nouveaux modèles économiques adoptés par les plateformes en ligne.
À travers le prisme de la technologie de surveillance de masse, ses recherches portent sur l’émergence de systèmes politiques et idéologiques concurrents, les défis de la souveraineté fonctionnelle et territoriale qui ont été déplacés pour être partagés par des plateformes comme Internet et des États-nations comme les États-Unis, et l’évolution de l’état de droit vers une forme hybride de démocratie sûre.
Asma met ses connaissances théoriques en pratique en créant l’organisation non gouvernementale (ONG) The Sapient Society, dont la mission est de fournir des programmes de “réflexion critique” centrés sur l’écologie cognitive et la sensibilisation à l’économie des données. Elle aide également les grandes entreprises et les agences gouvernementales à développer de nouveaux cadres éthiques.
PS : Cette vidéo est extraite d’une série de conférences que j’ai organisées avec des collègues (le cycle “Comprendre et Agir” animé par le groupe de recherche STEEP). Je pense qu’un large public, y compris les lecteurs de “Club”, pourrait être intéressé par ces vidéos (pas si évidentes) de la “vulgarisation” des travaux scientifiques. Pour être clair, je n’utilise pas ma capacité officielle pour partager cette vidéo avec vous ; je le fais plutôt à un niveau purement personnel.
À l’Institut Montaigne, Georgina Wright occupe le poste de Senior Fellow et directrice du programme Europe. Parallèlement à son travail à l’Institute for Government de Londres et au Centre for Britain and Europe de l’Université de Surrey, elle est chercheuse invitée au German Marshall Fund aux États-Unis.
Elle est diplômée de l’Université d’Edimbourg et titulaire d’un master en relations internationales et études de l’Union européenne du Collège d’Europe (Bruges). Georgina a été chercheuse senior à l’Institute for Government de 2019 à 2020 et chef de mission à la Chatham House de 2014 à 2018 avant de rejoindre l’Institut Montaigne. Auparavant, elle a travaillé à Bruxelles pour la Commission européenne et l’Organisation pour les relations transatlantiques.
Georgina est une porte-parole fréquente de l’Institut Montaigne dans les médias, tant au pays qu’à l’étranger, et elle a contribué à de nombreux articles dans des revues de politique étrangère. De la politique et de l’urbanisme ; de la religion et des médias ; de la géopolitique et de l’Europe ; de la chirurgie plastique et des tatouages.